
AURIVA lance l’OPU-FIV en ferme
25 juin 2026Produire du lait pour une filière unique en France : le Gruyère de France
Rencontre avec Julien GOURY, associé au GAEC DU NANT DES FRASSES et vice-président de la coopérative Fruitière des Savoie
Julien GOURY, installé depuis 25 ans avec Phiilppe au sein du GAEC LE NANT DES FRASSES sur la commune de LA BIOLLE en Savoie est également vice-président de la coopérative Fruitière des Savoie depuis 12 ans. Il nous parle dans cet article de son quotidien, de génétique mais surtout de la Fruitière des Savoie.
Fruitière des Savoie est une coopérative regroupant 160 agriculteurs sur 120 exploitations laitières. Elle est présidée par Fabrice JACQUET, associé au GAEC LE CHAUDRON et 3 autres vice-présidents.
Elle est née de la fusion de plusieurs petites coopératives ce qui explique aujourd’hui la répartition en 5 sites :
- Le site de GRUFFY : c’est le siège social de la coopérative.
- Production de Tome des Bauges (195 T/an avec 6 producteurs) et d’Abondance (410 T/an avec 10 producteurs).
- Le site de ST GERMAIN LA CHAMBOTTE :
- Production de Tomme de Savoie IGP (490 T/an) et de Gruyère de France (190 T/an avec 13 producteurs).
- Le site de SALES
- C’est le site de diversification : production de cœur de Savoie (100T/an), Vacherin, fromage à pâte molle ; Site habilité BIO.
- Le site de HAUTEVILLE SUR FIER
- Production de Tomme de Savoie IGP
- Le site de VALLIERES
- Production d’Emmental
Le rôle de Julien dans l’organisation de la Fruitière est à la fois d’épauler le président sur les dossiers mais aussi de le remplacer si besoin lors de réunions.
Une rencontre avec le transformateur CHABERT est organisée une fois par an pour fixer le prix du lait. Sur la production totale du transformateur, soit 100 000 000 litres de lait, 52 000 000 litres sont produits par la Fruitière de Savoie.
Côté fonctionnement, les règles sont simples : les éleveurs qui s’engagent au sein de la Fruitière doivent rester au minimum 10 ans puis ce sont des contrats de 5 ans en tacite reconduction. Tout éleveur peut ainsi quitter la coopérative lorsqu’il arrive à la fin de son contrat.
Retour sur l’exploitation
Julien s’est installé en 2001 sur la ferme de son oncle qui possédait environ 20 Tarines et quelques Abondances pour 70 000 litres par an. Il y crée le GAEC avec Philippe, son voisin et, ensemble, ils montent un troupeau de 40 vaches laitières en écurie entravée jusqu’en 2004 pour 200 000 litres de lait par an.
En 2004, ils réaménagent et agrandissent un bâtiment existant pour en faire une stabulation libre pouvant accueillir 60 animaux. Le troupeau est aujourd’hui composé de 50% de Tarines et 50% d’Abondances /Montbéliardes. La SAU (surface agricole utile) s’étend sur 100 ha dont 15 ha de céréales.
Production laitière et primes qualités
La production laitière est de 400 000 litres de lait par an livrés à la Fruitière de Savoie sur le site de St Germain la Chambotte.
Aujourd’hui, le prix du lait se situe globalement autour de 620 à 670 € la tonne. Ce niveau de rémunération s’explique par un prix de base auquel s’ajoutent différents compléments liés notamment à la qualité du lait et à d’autres critères variables.
Des bonus et des malus sont appliqués à chaque paie de lait mensuelle en fonction de plusieurs critères de qualité : les taux (TP, TB), ainsi que différents indicateurs sanitaires et microbiologiques du lait (flore totale, cellules, butyriques, et germes indésirables).
« Chez nous, les matières se situent autour de 40 pour la matière grasse et 34.5 pour la matière protéïque. Le GAEC coche les cases de l’IGP (Indicateur Géographique Protégé) Gruyère de France (nous ne sommes que 11 producteurs aujourd’hui au sein de la fruitière) donc ce n’est pas une contrainte d’appliquer le cahier des charges. »
Cahier des charges qui demande
- d’avoir des vaches de race Abondance, Tarine, Montbéliarde, Vosgienne et Simmental,
- d’avoir une ration constituée d’herbe et de foin uniquement et qui doivent provenir à minima à 80% de l’aire géographique de l’IGP.
- De faire pâturer les vaches au moins 150 jours dans l’année en limitant les céréales à 1800 kg par vache et par an.
« Chez nous, les vaches pâturent dès que la météo nous le permet dans les prés situés juste à côté de la ferme. L’IGP nous oblige à avoir 2 traites par jour, matin et soir et entre 13 et 15 fois par semaine maximum. Cette obligation complique le passage au robot par exemple. Le lait est ramassé quotidiennement et transformé sur le site de St Germain. La filière nous demande également de faire attention à notre rapport MG/MP (entre 1.12 et 1.20). Ici, on est à 1.15. »
Génétique et reproduction
Côté génétique et sélection, le GAEC réalise le planning une fois par an avec EDS et AURIVA. Les objectifs de sélection sont : ISU, Lait et Fonctionnels. « Nous faisons quand même attention aux taux car c’est ce qui nous apporte de la plus-value sur nos paies de lait. Bien sûr que ces critères sont basés sur l’exploitation telle qu’elle est aujourd’hui. Si nous changions de zone d’élevage, on serait amené à revoir ces critères. »
Tous les taureaux de la gamme AURIVA sont utilisés sur l’exploitation. Un quart des femelles sont mises en sexée pour le renouvellement du troupeau. Il y a de plus en plus de croisement en YPERIOS INRA 95 et YPERIOS Excellence Charolais mais aussi en BBB pour valoriser les veaux que les éleveurs ne souhaitent pas élever. Toutes les femelles sont génotypées depuis 5-6 ans, dès la naissance dans les 3 races. Cela permet à Julien et Philippe de trier et de garder les meilleures pour le renouvellement, notamment les meilleures en lait.
L’équipe AURIVA intervient en transplantation embryonnaire (TE) pour une 1 femelle Tarine par an. « L’an dernier, par exemple nous avons collecté une femelle Tarine pour sauver la souche qui était touchée par la néosporose. Nous avons également posé un embryon tarin de la banque AURIVA : un embryon sexé de Sucette. »
Et dans 10 ans ?
« L’objectif des années futures et de continuer à progresser dans la race Tarine et aller de l’avant. Pour Philippe mon associé, il reste encore 5-6 ans avant de prendre la retraite donc nous verrons d’ici là ce que l’avenir nous réserve ! »
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